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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 18:34

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     © Eadweard Muybridge, 1879

 


 

 

L’étranger : « regarde cette étoile, que te dit-elle ? Rien ! Et ce rien, c’est l’imagination qui le soulève. »

L’astronome : « Elle est trop proche, l’étoile, pour qu’on puisse la connaître. De loin, la perspective est bien meilleure. »

L’amateur : « Je n’en possède pas de semblable. C’est une étoile unique, peut-être même, rêvée. »

Le philosophe : « Ne s’observe que ce qui se construit ; ne s’invente que ce qui participe. »

Le SDF : « Dites-moi, quel goût a-t-elle ? »

 


 

 

Si je parle de ton corps, je parle des sables, des vents et des ruisseaux. Il est une île que j’aborde dans le secret des remous et des ondes – j’y perçois ce que la nature recèle, par ses courbes tissées. Ton corps, houle sang circule, oscillation – alternance des courants inouïs – baiser de la terre – divagante.

La ville est encore là, qui nous peint.

Nous offrons nos pigments derrière lesquels le medium transparaît, lucide. Et nous voilà des peaux, sous le regard des autres. Et nos vies slaloment

entre le

semblant

et d’autres

vérités.

Ton corps,

m’accordera-t-il, du temps ?

 


 

 

Pierre béton plâtre, où la ville s’appartient-elle, sinon dans le regard ? Les constructions nous couvent, les voies circulent dans nos pensées. Nous sommes de la chaleur qui monte des boyaux et des cryptes, des métros et des caves. De la moiteur, entre les jours, et les nuits sans escales. De la flamme qui vertige, que le souffle avive et strangule en même temps. Nous sommes du plâtre et du béton, du fer de la poussière, du silence de l’écho, du rien et du quand même. Peut être –

Je soulève

mes propres

questions /

que viens-tu faire dans ces mots

qu’y a-t-il de sang dans ton encre

pourquoi traverser les pages

les tourner comme sa langue

cette fois sans qu’elle bouge

pourquoi

s’éterniser

dans l’étincelle ?

Que veux-tu donc,

qui soit exprimé –

 


   

 

Toi mon frère, qui viens de quitter la surface ; pour ensemencer la terre, encore ;

toi qui traces ton île, par tes lèvres ouvertes ;

je te serre contre mes propres mots.

La mort, ce n’est pas l’heure,

mais la houle.

Leurre

qui nous sait part.


(Pour Aimé Césaire, ce vendredi sombre, du 18 avril 2008)

 


 

Daniel Leduc

(Geste(s) du Jour, inédits)

www.harmattan.fr/daniel-leduc

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Published by Daniel Leduc - dans !!! NoS iNViTéS --
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