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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 18:42

 

Martine Fugue

Elle a tout prévu.

Elle a fait son sac en douce avant de se coucher.

Après le repas, elle s’est levée à pas de loup, pour chiper dans le frigo une part de pizza, deux pommes… et, bien sûr, une tablette de chocolat.

Un bond…

Elle saute du lit pour tout revérifier une dernière fois.

Trois culottes, trois paires de chaussettes, une jupe, un jeans, une carte de France, une lampe, un couteau suisse… et, bien sûr, sa petite trousse de maquillage.

Elle aurait dû prendre un pull, mais dans la rue, quand on est trop chargé, on éveille l’attention…

Elle n’a pas de projets précis…

La route…comme Kérouac…

La bohème… Comme Rimbaud !

Elle s’imagine la réaction de ses parents…

ça sera bien fait pour leur gueule, surtout pour celle de son vieux !

C’est vrai qu’elle va regretter sa chambre, ses poupées, son Clowny… ses cassettes… 

L’heure tourne…

Elle commence à lutter pour ne pas s’endormir.

Elle a prévu de partir à l’aube.

Elle se récite un court passage d’un poème « Demain dès l’aube…. »

Prendre un train au hasard…

Elle a assez d’argent pour vivre une semaine dans une auberge de jeunesse...

Mais après ? Soudain elle doute !

Pour la première fois, elle se pose un tas de questions...

Si la police la cherche… si elle tombe sur des mecs louches…

Pour ça, elle a son couteau…

Trop tard pour reculer !

Le sommeil l’enlace peu à peu… elle ferme les yeux…

Tout à coup elle les ouvre !

Affolée…

Sept heures ! Des bruits de pas dans l’escalier.

On frappe à sa porte…

Son père… qui vient comme d’habitude la tirer du lit.

Elle se tapit sous ses couvertures… grogne ! Tant pis…

 

En se levant ce matin là, elle se jure, « croix de bois, croix de fer »… que la nuit prochaine sera la bonne !

 

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 18:01

 

 

<< Il n’y a absolument pas de différence

Amour

Entre la conscience du ventre et le feu qui nous pousse à le suivre

Il faut pouvoir courir – courir

Ou l’on se consumera sur place >>

 

 

MAGMA-_et-autres--ruptions_.jpg

 

 

Je me sens si proche du bonheur, et je me regarde vivre en osant encore me demander pourquoi ?

J’ai une femme auprès de moi qui dort et respire régulièrement, dans toute sa douceur et sa force.

Elle est une telle étendue d’amour et d’angoisse, tout comme moi, palpable et reine de ses contes de fées mais ne sachant évidemment pas la couleur du jour qui se lèvera demain.

Nous sommes uniques et autochtones en notre jardin d’Eden, conscients que d’un crépuscule à l’autre nous devrons vivre la chute…

Nous sommes heureux, c’est sûr ; portant peut-être avec sagesse nos erreurs et nos mensonges ; ayant vraisemblablement vécu et appris…

 

Alors nous voilà.

 

Mais nous ne sommes entiers que seuls…

 

 

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 17:01

 

#04encours

Des coquillages sur la niche
un Yorkshire chien de garde
d'une tirelire abandonnée
une laisse en cuir usée
sur la balançoire
les angles se répètent à l'envi
sous la robe blanche
aux reflets hybrides
mais toujours teintés de mélancolie.
Des mots larsens
percutent l'instant
les étincelles frôlent les cous plissés
lumineux.
Près des jasmins maculés
le long de la cuisse
on touche l'univers
jusqu'au nadir
dans un bruit de cuivre
bien grave.
Du gravier
là où les cerceaux s'entassent
raye le vernis
brise la croute
les doigts affamés
fouillent la gueule béante
jusqu'au cœur de la fable
pour en extraire le mou
et se saisir du bâton.
On parle de conjuration
d'une rengaine que l'on repousse loin
au delà d'une longueur de bras.
L'immensité n'effraye plus
on la parcourt sans retenu
vagabonde dans les entrailles
à chercher un signe.
Mais les boites
les valises
où brillaient encore quelques contes
sont vides.

 

 

 www.netvibes.com/oslodeauville 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 18:37

Yiannis-Silhouettes 0022

A la ferme, elle ne s’ennuie pas.

Elle se lève très tôt, comme les jours d’école, mais plus en forme.

Elle déjeune près du fourneau d’un grand bol de lait chaud quand son papy a fini de traire les vaches.

Ensuite, elle va à l’écurie pour donner du fourrage aux lapins.

Parfois elle en prend un dans ses petites mains, le caresse longtemps, avant de le reposer toute triste dans son  clapier …

Une fois dans le poulailler, elle s’avance très doucement…  sans bruit, à pas de loup, pour surprendre une poule en train de pondre l’œuf.

Elle connait par cœur toutes leurs cachettes et dans son panier en osier, un à un, délicatement, elle dépose les œufs.

Vers onze heures, mamy l’appelle…

Le cahier de vacances.

Distraitement, elle fait ses devoirs tout en pensant qu’elle ira voir, après, sans rien dire, parce que c’est dangereux, l’essaim d’abeilles niché entre la vitre et la fenêtre du grenier.

A midi, grand-père se fait attendre et comme d’habitude grand-mère ronchonne :

- On ne sait pas où il passe celui-là…

Au milieu du repas, on entend toujours un bruit de moteur, sauf les dimanches...

Elle saute de sa chaise, court jusqu’à la boîte…chaque jour elle reçoit des nouvelles de ses parents…

L’après-midi, quand elle n’a rien à faire, elle aide sa grand-mère à éplucher les patates, ou à faire une tarte aux pommes.

D’autres fois, elle va voir ses tantes qui lui apprennent à jouer aux cartes, qui l’emmènent dans la forêt chercher des myrtilles et des framboises.

Certains jours, de mèche avec son grand-père, elle monte sur le tracteur et l’accompagne faner le foin dans les champs alentour.

Ils reviennent avant la nuit.

Le soir, elle est fatiguée... plus que les jours d’école.

Elle s’assoit à côté de la cheminée, un livre dans les mains, les pieds au chaud et écoute les adultes parler.

- Elle ne s’ennuie pas trop, la petite ? demande une tante.

- Oh ! Vous savez qu’elle aime  venir ici ! Quand on ne sera plus là, ma pauvre, ses parents ne viendront plus mais je vous assure que la petite, elle, elle y viendra…

Elle ne dit rien, la petite.

Plus tard, adolescente, elle comprendra cette phrase d’un livre :   

 

Les lieux de l’enfance sont des temples sacrés

Qui, quand on y revient, nous livrent leurs secrets .

 

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 18:18

 

horizon.jpg

 

 

Sein chuchote éclos donc

Que l’on ignore

Le monde à nos pieds :

 

Une coulure de cire

En aluminium

Une étoile

Le parfait hologramme

Incarcéré avec les oiseaux ;

 

Fragmente une gorgée de sel

Pour retrouver la soif ;

 

La perte d’aube

Un filet d’essence

Dans nos artères.

 

Jongler dans un cercle de feuilles

Et épuiser les arbres

Aux grands réverbères tremblements

Ville peux-tu voir ton océan

De nuages et même

La neige saupoudrer le macadam 

Et les ponts s’étirer

Arcs-en-ciel.

 

Et le chat s’est perdu dans le lavabo

Cent milles raisons

D’espérer demain

Ce qui est déjà :

Café froid 

Et cigarettes cardiaques.

 

Dis-moi que tout

N’a pas déjà brûlé 

D’un mégot éteint

 

Symptôme d’éternité.


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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 18:19

 

cave-canem-vincent-delhomme.jpg

 

Une proie, au détriment du doute

Se sacrifie au pieu de mes envies…

 

J’avoue le larcin, j’ai bu

J’ai triché, menti

Calciné le rebus des vœux

Pieux, fragiles, brisés…

 

La moindre sensation fausse

Un discours laid s’arroge le droit

D’exister

 

Vipère enrobe le doigt de jus

Et lèche jusqu’à en crever…

Morsure

 

Rendons la clé au pâtre !

 

Laissons le cynisme aux chiens !


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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 19:14

 

Un souvenir mélancolique

M'a filé la colique

Et comme un alcoolique

Je bois.

 

Etranges sont nos cavalcades

Nos froides mascarades

Ses larmes en cascades

Pour toi.

 

Mais pourrait-on vivre autrement

Comme Lautréamont

Dans un enfermement

De soi.

 

L'alcool lave les écorchures

Le sang sur nos mouchoirs,

Nous conduit sur un char

De soie.

 

Soyons honnête avec nous même

Dans le cou des étoiles

Enfin tombe le voile

Et moi.

 

Narguant une dernière fois

Les anges indigestes

Je rassemble mes restes

Et fuis

 

Avalant des bouchées de nuit

Sans me rassasier

Je détruis casanier

Ma vie.

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 18:17

A  Paul Valéry,

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      Ghislaine de Menten de Horne, La jeune Parque, 1935

 

 

L’harmonie de votre être est brisée de conscience

Et sa chute nouvelle a rompu l’insouciance.

 

Car vous êtes soudain devenue le miroir

De vous-même, et vos mains s’agitent sans vous voir.

La morsure de l’autre a rendu votre vue

Double, ambiguë et belle de vie qui se cherche ;

Dans l’opaque du ciel que vous contemplez nue,

Dans le bleu des embruns qui balance vos mèches.

 

Des larmes meurent sur votre corps étranger ;

Des pleurs roulent alors sans les avoir pleurés.

Des mots jaillissent forts de cet enfantement,

Des mots et des questions sortent d’un sifflement

Insidieux, tournoyant comme une fête fauve.

Un feu fixe et mouvant file, à la tête chauve.

Et vous suivez l’intrus sans être l’instrument

De votre volonté cédant aux pas pressants

De la curiosité.

 

Qui gouverne ce moi ?

Si ce n’était vous-même mais sous d’autres lois,

Engendrées par vous-même sous couvert d’un songe,

Pétri de sa grandeur d’universelle éponge,

Ecumante de moi, poreuse de sagesse,

Alléchante en ce cœur couronné de détresse ?

 

Alors la faim t’entraîne et soulève des voiles

Jusqu’alors inconnues qui s’enflent et te dévoilent.

La liane de ton corps s’étend vers le soleil

Aveugle qui te berce et te tend ses merveilles ;

Ton plaisir se conçoit du contact éternel

D’éléments ajustés à ta symbiose belle,

A la lumière fleuve déversant son souffle.

Synesthésie brutale où la mort se camoufle.

Mais déployant ta force et ton agilité,

Tu t’arraches sans heurs à sa brutalité.

 

Mais revoilà le doute... et la vie qui retombe.

De quel écho sinistre votre être se plombe ?

Sur quelle quête absurde vous voilà penchée ?

La dissonance belle de mortalité.

Ah ! l’appel de la tombe embrumé de fantasme,

Du repos de vos faims, de vos joies, de vos spasmes,

Ballant vos bras rompus à combler votre absence ;


La volonté perdue dans son double silence.

 


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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 19:12


 

Deux mille huit sonne comme un renoncement…

Tu goberas demain et ma joie et ma peine

Quand nos destins fatals s’en iront doucement

S’éclipsant l’un de l’autre en une étreinte blême.

 

La tristesse s’attire et l’union de deux êtres,

Parfois n’est qu’un mensonge quoi qu’ils en laissent paraître...

Un effet de miroir où chacun débroussaille

Dans un vague reflet le passé qui l’assaille

 

Oui ce n’est que cela le soi-disant amour :

Trouver un peu de soi dans celles qui nous entourent !

 

Mais je n’ai jamais bien compris, moi, ce besoin d’ivresse,

De ne plus être soi, de s’oublier en somme,

De lentement se fondre sous une caresse,

De renoncer souvent à ce qui fait de nous des hommes.

 

Les élans les plus purs sont de pâles squelettes

Que la vie redondante assomme à l’aveuglette

Et ceux qui ont aimé ont l’œil fier et fragile

Les mains fanées, le corps cassé, le cœur humide.

 

Ils oscillent entre l’amour et l’amertume.

De leur être s’élève une offense insensée,

Tu les verras pleurer pour rien, un simple rhume

Ou chanter à voix basse des airs surannés.

 

Quelles infirmités les poussent à fouiller

Leur passé poussiéreux, à vivre d’espérances ?

Ils se disent humiliés et la lèvre mouillée

Ils vont, viennent et se saoulent de leurs errances.

 

Mais moi je ne suis pas de ceux qui renoncent facilement

Tu goberas demain, et ma joie et ma peine

Quand nos destins fatals s’en iront promptement

Se fondre l’un à l’autre en une étreinte blême.


 

 

 

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 18:17

 

 

hirst flock

 © Damien  Hirst, Away from the Flock (1997)

 

 

Hier soir j’ai haï la Lune le miroir

Les tanières dans les casses-autos 

L’infidèle les aïeux

 

(Ecoutez encore les pleurs comme des feux de broussaille)

 

Nous restons liés à l’écran

Et les rats jouent à la roulette :

Au coin de la rue un casino-télévisé annonce

Gains et retraites.

 

Ce soir il semble au vent le citron d’un souvenir

L’acidité sur la langue

Délires délient sexes 

Et la parole

L’éclair par mégarde

Le mot de passe absent :

 

Un digicode pour ouvrir les yeux.

 

Ce soir j’ai haï la Lune et tout ce que j’étais.

 

Les chemises à l’usure ne se reposent plus

Chaque soir apprendre

A se noyer

Dans le sommeil

Chaque verre est une roulette russe

Au milieu de la rose

La guêpe guette les miettes

Des biscuits de la corruption :

 

L’esclavage des enfants

Débute dans un magasin de jouets.

 

Epuisé alors que les rats

Mordent encore à l’hameçon

Les descendances sont la permission

De guerres nucléaires.


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