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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:00

  iris.jpg Iris, Vincent Van Gogh

 

 

Une dame d’un certain âge, fanée par les années, courait à perdre haleine en cette journée de printemps frileuse, propice aux amoureux.

   Soudain, elle fit halte devant l’échoppe du fleuriste. En hâte, elle rajusta son chignon et s’avança vers le petit garçon qui gardait la boutique. La dame avait l’air essoufflé, semblait ne pas trop savoir ce qu’elle désirait. L’enfant, calme, la regardait tout en confectionnant de ses doigts délicats un bouquet de fleurs chamarré.

   D’une voix évasive et suppliante, elle dit au garçon qu’elle voulait accompagner de fleurs un billet doux pour son ami. L’enfant lui sourit et lui répondit presque en chuchotant :

     - Vous savez, les fleurs possèdent leur propre langage et ce langage parle au cœur de façon plus profonde que tous les billets doux… Voilà dix roses pour l’amour,  neuf lilas pour l’amitié, huit boutons d’or pour votre joie et sept bleuets pour la timidité. Voilà encore six lavandes pour un brin de tendresse, cinq rhododendrons pour l’élégance, quatre belles-de-nuit pour la discrétion, trois perces-neige pour l’épreuve, deux jonquilles pour la mélancolie et un souci s’il vous fait du chagrin.

   La dame remercia l’enfant en lui posant un dahlia au creux de son gilet, puis s’en alla.

   En cette journée de printemps ensoleillée, propice aux amoureux, une dame d’un certain âge, heureuse, flânait cheveux au vent, sur le chemin, un bouquet à la main.

   Et sous le ciel bleu oranger, les passants qui la connaissaient en la voyant passer se disaient qu’elle ressemblait à une fleur de lys tant son visage avait changé.

 


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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:00

 

 

LE TALON

 

 

Le talon colle où le sang sacre 

mâchant de longs mots rongés dans une rage patiente

dans les trous broussailleux les lits fossiles les fossés creux

 

mordeur d'asphalte au noir d'oiseau et de pilastres lustrés comme des endives

 

fumant acre dans l'écartement du jour et de la nuit où l'homme rendu à lui-même cherche

l'oubli seul

 

seul l'oubli

 

et d'improbables pardons

 

 

briques rouges

 

 

L'iNSTANT

 

 

l'instant est une peau où nos vies s'animent

fine ridulation des masses digestives pesant à notre nuque

dans le jour inouï

 

 

briques rouges

 

 

http://www.edithmasson.wordpress.com/


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Published by Edith Masson (Textes, Sons & image) - dans !!! NoS iNViTéS --
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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 17:00

TURQUIE 2009 (2) 289

 

 

 

C'est étrange

Je me sens si proche du bonheur, et je me regarde vivre en osant encore me demander pourquoi ?
J’ai une femme auprès de moi qui dort et respire régulièrement, dans toute sa douceur et sa force.
Elle est une telle étendue d’amour et d’angoisse, tout comme moi, palpable et reine de ses contes de fées mais ne sachant évidemment pas la couleur du jour qui se lèvera demain.
Nous sommes uniques et autochtones en notre jardin d’Eden, conscients que d’un crépuscule à l’autre nous devrons vivre la chute…
Nous sommes heureux, c’est sûr ; portant peut-être avec sagesse nos erreurs et nos mensonges ; ayant vraisemblablement vécu et appris…

Alors nous voilà.

Mais nous ne sommes entiers que seuls…

 

 

 

Sauvage l’ancre encore

 Dans la force de sa plongée –

Immersion rapide et

 Rencontre avec le fond –

Ce bon plancher des

 poissons

 Ou s’appuyer –


Je rêve d’une ancre à jeter

Dans tes eaux – mon amour –

 

 

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 13:41

 

 

afrique

 

  

L’un a le nez sans cesse collé au carreau et les cheveux roux en bataille. Il est trop costaud pour son âge, il cause peu, d’une voix grave : les autres le surnomment le taureau.

   L’autre a le nez sans cesse collé au tableau, les cheveux blonds en boucles d’or. Il est trop fluet pour son âge, il parle peu, d’une voix douce : les autres l’appellent l’anguille.

   Dès que la cloche sonne, le taureau se rue dans la cour. Il court à perdre haleine, tape dans le ballon, attaque les plus grands, puis il dévore son goûter à pleines dents.

   Pendant ce temps, l’anguille range délicatement ses livres. Il déambule dans la cour, perdu dans ses pensées. Il s’assoit à l’écart, loin des plus grands, qui parfois viennent lui dérober son goûter.

   Une fois dans la classe, l’anguille est remuante. Il ouvre grand ses yeux, s’agite sur sa chaise et il lève le doigt en permanence pour que le maître l’interroge.

   Pendant ce temps, le taureau, immobile, ferme ses paupières de temps en temps. Il se couche sur son bureau… lève les bras au ciel quand le maître lui fait quelques reproches.

   Pourtant, un jour, ces deux enfants que rien ne rapprochait, que seule la solitude unissait sont devenus amis. Comment ? Un jour, le taureau a sauvé le goûter de l’anguille. Le lendemain, l’anguille a aidé le taureau à situer l’Afrique sur la carte...

   L’Afrique... qui n’est pas si loin de la France.

 


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Published by Yiannis Lhermet - dans YiANNiS LHeRMeT --
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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 18:00

 

-02encoursbis.jpg

 

1#


Du plomb pour sceller

les immeubles totems

et quelques offrandes

aux pieds des gardiens

n'empêcheront pas

les morts d'arpenter

nos chemins

pour comptabiliser

les craquelures

sur les façades

 

une marche de biais

sur l’asphalte

le pas synchrone

pour un regroupement au son vespéral

des cloches

annonciatrices d'une reconstruction

au marteau et au burin

 

le bois ceinture

une écharpe

sans la douceur du cachemire

coffre nos renoncements

 

pour l'instant

je lève la main

pour rien

pas de questions

embrassons-nous

simplement

loin du protocole

 

2#


dans les yeux

des cathédrales en papier mâché

déclinent

des dieux peignent un royaume lointain

un centaure dressé pour voyager

attend près des tournesols.

Une contraction

dans le thorax

aspire les éléments

nous sommes témoins

malgré nous

d'un mécanisme insondable

dans les yeux

une convulsion

prend source dans le thorax

un centaure attend

les tournesols déclinent

sur-le-champ

les soubassements lâchent

la déflagration

libère les éléments

un royaume

en papier mâché

libère les dieux

va-nu-pieds

dans toutes les sphères

nous sommes témoins

la convulsion

dans toutes les sphères

les cathédrales déclinent

mais personne ne voit

la déflagration

dans les yeux blancs

hors de nos visions

la fièvre nacrée

 

3#

 

loin du protocole

près des immeubles totems

le son vespéral des cloches


 

 http://www.netvibes.com/oslodeauville


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Published by Oslo Deauville (Texte & Image) - dans !!! NoS iNViTéS --
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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 18:00

 

poemes_saori_1.jpg

http://en.saorifukasawa.com

http://www.youtube.com/user/saorifukasawa

 

 

Saori Fukasawa proposera une lecture-performance de ses textes (en VOSTF et en musique) le mercredi 14 mars 2012, 18h à l'Odyssée Médiathèque d'Eybens !


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Published by Saori Fukasawa - dans !!! NoS iNViTéS --
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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 18:00

 

 

NOUS COURiONS

 

 

Nous courions toi et moi

par dessus les crevasses où bouillaient les déluges

les astres roulaient en grondant dans les sillons fumants

Nous courions oiseaux rampant taupes éblouies

l'eau miroite les ciels bourbeux

A l'horizon crevé où la pâte enfle et s'effile

des routes et des allées des canaux des jetées

d'écume et de sable foulé

 

les lignes pures purulent

 

Nous courions pieds d'argile

Vers les plaines de bitume où fourmillent les futaies

 

Un chant pendu basculait à nos lèvres de sel

 

 

briques rouges

 

 

iPODéS

 

 

ipodés apnéiques

nous allons

scaphandriers bulliques

hissant haut nos cœurs échassiers

nos têtes îlotes bercées de liqueurs douces

nous allons

enjambant les créatures solubles étirées au

pied des façades

coulées d'argile peaux de goudron

d'arrière en avant nous allons

 

fronts tannés aux rouges majuscules

nous allons

 

talons boueux

 

 

briques rouges

 

 

http://www.edithmasson.wordpress.com/


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Published by Edith Masson (Textes, Image & Sons) - dans !!! NoS iNViTéS --
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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 18:00

 


 
 

Avant toute chose !!! Allez voir le site de soutien à Katia dont le permis de travail a été refusé par la préfecture et qui est donc menacée d'expulsion (du fait de la circulaire Guéant => pétition) :


http://www.katiaboutchou.fr

 

Pour l'écouter :

http://www.myspace.com/boutchoukatia

 

Pour acheter son livre, C'est qui le capitaine ? :

http://www.editions-harmattan.fr


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Published by Katia Bouchoueva & RAtUReS - dans DiVERS --
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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 18:00

 

 

I - De la terrasse

 

En contrebas les voix plus vives

voudraient porter les particules de lumières

voler comme des vivats de lucioles dans

ce jour italien dont la connaissance noire

me laisse entrevoir le visage

de la mère de ma mère la nuit. Sur la vaste

terrasse les branches me cachent et touchent

la place basse et bruyante. Quel est le vrai :

l’obscur ou la lumière.

 

 

II - Papier

 

On ne défroisse pas un papier

il porte la mémoire perdue et

ses lignes toutes noires y conduisent

désormais. Elles dialoguent entre

le passé et ce qui pourrait être : on

ne défroisse jamais le regret dormant

qui d’ailleurs n’est plus un papier.

 

 

III - Jardin

 

Au seuil de la cabane

sur lequel je n’ai jamais posé

pied, l’ombre gagne, loin de la lune

du jour. J’aurais pu

porter ma propre ombre

sur les monticules

sillonner comme l’eau tout autour

des plants qui se sèment dans le ciel ;

je n’ai jamais été

cette ombre qui s’est vue remplacer

le pêcher de vigne, mais ce qui

fond en moi comme une couleur

qui court et ruisselle, c’est ce

que je me surprends à être, intime

en tout espace, toujours mieux que

moi-même.


{ LiRE LES 11 POèMES }

http://fabrice.farre.over-blog.com/ 

http://lesmotsplusgrands.over-blog.com/

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Published by Fabrice Farre - dans !!! NoS iNViTéS --
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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 18:00

 

 

Il faut grandir


Grandir grandir


Se lancer face contre terre


Creuser plus loin dans l’air avec sa langue


Manger des bruits


Cinq bruits et enclumes par jour


Ou bien par nuit


Pour la sainte santé


Et pour la honte


Et pour les larmes


Un petit peu de brume


Histoire de se perdre


Histoire histoire histoire


De rompre avec ses mains

 

 

technique du poing levé0022

    © Vincent Delhomme, Technique du poing levé


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Published by Vincent Delhomme (Texte & collage) - dans ViNCeNT DeLHoMME --
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