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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 18:29


inter 17

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 18:12

 

thumb.large.Akatre_PERRINE_1897_03.jpg                                                                                                   © Akatre

 

 

Traces-1.jpg

 

 

Traces-2.jpg

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© Vincent Karle 2008

Texte librement inspiré du solo "Traces" dansé, chorégraphié par Perrine Valli

© Décembre 2008, Grenoble, Le Pacifique


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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 18:00

 

coeur-copie-2.jpg

femme-trait2-copie.jpg

 

 

 

 

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 17:37

 

immeuble


La ville s’endormait j’allais me mettre en branle. La ville s’endormait pour s’éveiller bientôt. Les quelques heures qui me restaient pour passer de l’autre côté. Franchir le gué, traverser le mur, enfreindre et m’évaporer.

Je n’ose vous dire ce que je suis en train de faire. Je dois agir au plus vite et sans rien nommer. La grande, l’urgente sortie à l’air libre.

 

Ici nous ne sommes pas en prison. Nous devons nous contenter, nous craignons tant de cette boursouflure occidentale là-bas, juste derrière, les biens en masse, le désir qui s'émousse, l’embarras du choix et le dégoût de tout.

Et pourtant je n’ai pas à me plaindre, disons pas plus que ça. Je travaille et je dors, mange et bois. J’ai quelques relations ici et là. Je ne sais pas même si quelque chose d’essentiel pourrait exister en face. J’en doute, à la réflexion.

J’y serais libre ? Oui mais de quoi ?


Libre de traverser. L’entreprise de ma vie. L’obsession de chaque nouveau crépuscule. Traverser m’appartient, absolument interdit. Rien à chercher là-bas, ce sera pire sans doute. Couleurs moins délavées, qui écrasent les reliefs de la perception à force de rivaliser ensemble. Tandis que le mur nous aligne de sa pierre grise et noire, quelque chose paraît avoir orchestré les tons, comme en mineur. Mineur est mélancolie, nous rêvons en demi-teintes, notre univers est assourdi, peut-être même ralenti. Nous sommes attentifs, extraordinairement appliqués à voir le sens qui infiltre les allées trop régulières, brutales, le manque et l’absence pleins d’âme, notre humanité renvoyée fermement à elle-même. Sans appel, nous devons rester, ne pas bouger plus que de raison, nous n’avons pas à convoiter, espérer, chercher ailleurs ce qui nous tient car tout est là sous nos yeux, à peine dans notre esprit, on nous l’a dit. Qui est libre ?

 

La ville s’endormait et je m’apprêtais à faire cela, traverser, franchir l’obstacle. Presque pour la beauté du geste. Et encore quelle beauté y aurait-il à se lever si tôt à peine couché pour, masqué, enfoui dans l’ombre de la nuit toute compacte, se diriger froidement vers ce but, à portée de main ? Car je suis un voisin, un proche témoin du mur. Je peux le regarder chaque jour, le matin et le soir. Une aubaine, il est devenu mon milieu heure après heure, le centre net de mon existence et de ma préoccupation.

 

Je devais partir.

Il me fallut considérer ce logement, dont j’allais simultanément faire mon deuil. Je lançai un regard maîtrisé à la ronde, balayant de l’oeil de Méduse mes quelques meubles, les objets, deux photos que je souhaitais laisser là pétrifiés. Ce seraient les vestiges d’un passé soudain révolu même si, je le savais bien, c’était pécher par orgueil que me croire affranchi déjà, échappé à tout ce que j’étais, au seul moi-même que j’aie eu l’heur de connaître un peu.

 

Je dus fermer la porte, la verrouiller, descendre les escaliers à pas de velours. Sans regarder, sans chercher à savoir, sans même inspirer l’air pour ne rien avoir senti. J’avais pour tout effet un petit sac de cuir usé déjà, y avais seulement glissé le nécessaire.

 

Il ne faut pas me demander ce que j’espérais, ce que j’imaginais trouver même. Ce serait vouloir m’arrêter, barrer ma route de ces mille scrupules qui m’obligeraient à jeter le regard en arrière. Certains autour de moi avaient été privés de famille et d’amour, empêchés d’assouvir leurs besoins essentiels ou même d’accéder au dehors. Je sais bien l’impudence qu’il y eut à vouloir ainsi partir, résolument obsédé par l’épaisse paroi de ciment. Je n’avais pas souffert. Pas tellement. Peut-être un étouffement imperceptible et lancinant, les affres de ne pas connaître l’éclatant de la vie. Je ne sais plus.

Tout de même j’avais au moins l’impression de ne pas accéder à grand chose, c’est-à-dire, j’avais souvent peur, peur de basculer, de faire un faux pas au beau milieu des gestes interdits. Peur même de me tromper à l’intérieur de moi-même, par le retour d’un sentiment, d’une pensée malvenue. C’est peut-être simplement cela. L’idée vague, même saugrenue, de ce que je pourrais être là-bas.

 

Lorsque je franchis le seuil, sortis sur la rue, la fraîcheur de l’air sombre m’étreignit. Je ne discernais pas, alentour, les signes d’une vie nocturne. Il ne se passait rien semblait-il, pas un mouvement, même furtif, pas un bruit. C’était assez normal, attendu pour tout dire, j’avais choisi ce moment exactement pour cela : de longs instants de nuit pleine où régnait le vide. Que me restait-il à parcourir, quelle était ma route, si brève, vers l’autre rive ? Quelques mètres jusqu’à la silhouette du mur, l’écran de ciment dur. Et puis l’autre côté : un nouveau point de départ, de déroute, cela n’avait plus d’importance ; je ne me rendais nulle part. J’y allais, c’était tout.

Les longs mètres jusqu’à notre frontière, c’était une rue à traverser, un trottoir puis cette étroite parcelle de néant, ce bout de rien, au pied du mur. Quelques centaines de pas, à découvert. Que pouvait-il m’arriver ? Je n’imaginais rien clairement, je me disais que je n’avais pas, n’aurais jamais tant d’importance. Devenir ce point de mire, à la croisée des regards, ce point que l’on épie, la concentration d’une attention féroce, toute l’épaisseur de moi-même que cela aurait exigé sans doute ! Quel être étais-je, moi, pour perturber l’ordre du monde de mes quelques pas, au point que d’autres êtres, plus loin, suspendent leur regard, m’apercevant par hasard au bout de l’horizon, décident brutalement de me retenir. Au point que l’on empêche mes mouvements, oscillations de la vie et rien de plus, appétit enfantin dirigé vers l’autre côté d’un mur. Est-ce que cela, le désir, cette entreprise audacieuse qui concentrait mon existence brusquement, toute cette affaire, avait même la moindre chance d’apporter dans l’air la plus infime vibration et, provoquant de proche en proche l’écho sourd de l’événement en train de se produire, éveiller la méfiance, puis la cruauté d’un autre homme en train de surveiller ?

Je devrais donc sortir sans honte et marcher, traverser droit devant moi puis m’apprêter à surmonter, comme on s’attaque à la paroi d’une montagne dans la douceur de l’été, sans histoire.

J’étais arrêté par la profondeur de l’air et le silence obscur, par la peur gourde que je n’avais jamais daigné combattre encore. Je ne devais pas le faire, pas cela, me mettre en route, vouloir de l’espace, chercher à atteindre simplement le lieu où l’horizon s’ouvrait. Cela ne se pouvait pas.

 

Et voici que, un pas après l’autre, le mouvement était amorcé, que ma route, sans débord, se dessinait. Enhardi par cette poussée mécanique, la prémisse de ma danse, le tout début du nouveau monde, je m’infiltrai gauchement dans le soir et princier, en quête du jour naissant, je m’envolai.

 

Berlin, Juin 2009


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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 18:07


les-aventures-de-l-homme-sans-tete-par-Larsen.jpg

                                        ©Larsen Visuel, Les Aventures de l'Homme Sans Tête

 

je n'ai pas un brin
d'imagination
j'exploite et
je ressasse
la fille
le fils
et l'homme

je dissèque la famille
ma caboche, ma cervelle
en milliers
de vers blancs

je recompose
des mots, mes maux
et me remets en tête
salives de poètes

mais la matière grise
est une peau de chagrin
alors je ruse et biaise
je soulève ma calotte

dans mon lobe frontal
un tamanoir grisé
au museau tubulaire
de deux mètres de long
se love au chaud

son tube transparent
pénètre narine, oreille
bouche et autre orifice
pour offrir au cortex
de la matière à moudre

"Avez vous vu le tamanoir ?
Oeil bleu, oeil gris, oeil blanc, oeil noir,"
et non, Monsieur Desnos,
personne, les yeux dessillés
ne voit ma bête

"Je n'ai pas vu le tamanoir !
Il est rentré dans son manoir"
et oui, Robert,
une fois rassasiée
ma bête s'épanche
en substance blanche

quand j'observe un ami
un collègue parler
rire à gorge déployée
je vois langues et glottes
mots et grelots de joie
disparaître aspirés
fourmis noires dans le nez
du tamanoir grisé

 

 

l'oeil bande

 

 

 

 Mu LM

 http://l-oeil-bande.blogspot.com

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 14:15



Des rues partout trop larges, parfois douze files en plein centre de la ville, des voitures qui passent continuellement, émettant des salves de bruits désagréables, klaxonnant et accélérant sur les rues le long desquelles on ne peut parler qu’en criant, où l’on se tait, où l’on marche abruti par la fatigue, fixant l’angle auquel on tournera, l’attendant d’autant plus s’il fait froid, si l’on est mal à l’aise dans nos habits, si des endroits du corps nous démangent, la représentation de la pollution se surajoutant à ces démangeaisons, le souvenir de la noirceur de l’eau lorsqu’on lave nos habits, la pensée du contact des habits sur la peau, l’angoisse d’une altération irréversible des tissus corporels, à force de frottements et de contaminations par la pollution, se gratter dans la crispation, penser que cela ne fera qu’empirer la contamination et déformer irréversiblement notre corps, serrer les mâchoires et serrer dans une main les muscles des mâchoires, l’angoisse accroissant la crispation, jusqu’aux tremblements, jusqu’à ce que nous arrête l’inquiétude d’un déchaussement de dent, fixer l’angle où l’on tournera, en voulant être chez soi, où l’on projette de faire quelque chose, mais où il est probable que l’on ne fera rien, où l’on s’allongera sans dormir, s’abrutira devant la télé, dans la mauvaise conscience, la désenvie de vivre, longer les hauteurs de béton trouées des mêmes fenêtres, les empilements des mêmes appartements, entre lesquels on marche,

[...]
dans la neige sale, la gadoue ou la poussière des morceaux de parc, où les couleurs criardes d’installation de jeux pour enfants contrastent avec la ternissure des façades, la grossièreté des habitations, la saleté et les odeurs des corps ou de restes de nourriture pourrie, le dégoût de la promiscuité sans gêne, ce contraste avec ces couleurs chaudes délavées d’objet métalliques tordus et rouillés fichés en terre, où des groupes s’assoient pour boire des bières, ce contraste angoisse, par les représentations de moments de bonheur insouciant, qui peut-être font appel aux souvenirs des nôtres, peut-être car on ne sait pas, cela est trop diffus, on n’en a pas conscience et l’on n’a pas envie de former des liens, on est juste abêti par une certaine vision d’insouciance que connote les couleurs criardes de ces objets métalliques destinés aux enfants, on a conscience de rien, on est juste abêti par un état d’esprit suscité par les couleurs de ces objets métalliques, dont le contraste avec notre désenvie de vivre, accentué par les immeubles le long desquels on marche, angoisse par des représentations qu’on aurait peut-être pu faire autrement, qu’on n’est pas sur la bonne voie, que c’est trop tard, mais qu’on aurait pu être autrement, avoir une autre vie, une autre façon de voir et de sentir, et l’angoisse se lie à ces objets métalliques, que l’époque soviétique a planté un peu partout, presque à chaque endroits où il y a de la terre, et l’on marche pour rentrer chez soi, abruti par un travail auquel on ne se résout pas à s’intéresser, on marche en regardant à terre, sur les trottoirs et les routes mal conçues où l’eau s’accumule en immenses flaques sales pas toujours contournables, sur la neige souillée de traces d’urine, dans les éclaboussures de gadoue, et l’angoisse liée au kitsch des magasins et des fast-foods provoque le refuge dans la fatigue, la fatigue s’accentue, nos but deviennent de plus en plus inaccessibles, l’angoisse ressurgit avec force, et les considérations sur la vie, sur les gens, en tant que globalité qu’on rejette, qu’on méprise, qu’on abaisse ; des rues partout trop larges, qu’on traverse par des passages souterrains, où l’on descend, où l’on doit faire attention de ne heurter personne, où des attroupements devant des kiosques de nourriture pas fraîche, de films et de musiques piratés, de vêtement imprégnés de la pollution de l’air, de babioles, gênent la circulation des gens pressés – et ceux qui ne sont pas pressés agacent –, les passages souterrains à l’éclairage morne, desquels on remonte rapidement, la queue pour accéder aux bornes d’entrée du métro, celle pour accéder aux escaliers roulants, les longues descentes coincé entre des personnes, leurs corps et leurs souffles, sur ces escaliers roulant le long d’affiches publicitaires, des descentes toujours très lentes, à moins de se laisser aller à un abrutissement suffisamment profond pour ne plus prêter attention au passage du temps, marcher vers le quai dans la cohue, en évitant les gens qui sortent du métro, qui se dirigent dans la direction d’un escalier pour une correspondance, ou dans la direction de la sortie, qui vous coupent le chemin, qui passent devant vous, que vous devez éviter, qui passent devant la personne qui est juste devant vous et qui s’arrête, et contre laquelle vous manquez de vous cogner, d’autres qui attendent quelqu’un et qui gênent, d’autre qui gênent parce qu’ils ne savent pas où se diriger, marcher vers l’endroit qui nous permettra, lorsqu’on sortira, de n’être pas loin du tunnel de changement vers un autre métro, pour éviter une partie de la cohue et de la queue, marcher rapidement, mais par saccades, dans l’agacement de tous ceux qui gênent votre trajectoire, être dans la rame, se tenir à une barre métallique évidemment sale, être abruti par le bruit et les cahotements, rester dans un état d’esprit abruti pour ne pas avoir à supporter la voix qui répète qu’il faut être poli, qu’il faut laisser sa place assise aux handicapés ou aux personnes accompagnées d’enfants, qui le répète dans des inflexions que l’on connaît par coeur, qui provoquerait notre agacement si l’on était pas abruti, regarder la personne en face de soi, qui écoute de la musique avec un visage triste et renfermé, ou qui apprend un manuel d’anglais des affaires, qui lit un livre sur la religion, un magasine idiot, qui dort, la tête penchée, la bouche entrouverte, qui a un visage marqué par la fatigue et l’absence de joie de vivre, qui boit de la bière ; marcher entre des compartiments d’habitations encastrées dans des immeubles ternes, dans l’angoisse et la désenvie de vivre, se dire que l’on devrait peut-être boire de la bière, de sorte que notre état d’esprit serait pour un temps modifié, notre regard fixerait les choses de façon plus aléatoire, la pupille se dilatant en fixant les objets non seulement ferait que nous ne les jugerions pas, mais ne nous dirigerait pas non plus vers des associations mélancoliques plus ou moins conscientes, il y aurait une suspension des associations, avec petit à petit l’emprise d’un état d’esprit enclin au lien avec autrui, et aux sorties d’un comportement tendant à cela, une modification physiologique qui en fin de compte nous pousserait vers autrui, selon les modalités des représentations que l’on formerait, en espérant que nos représentations ne nous pousseraient à rien d’inconvenant, de malsain, ou de trop ridicule, il y aurait un enthousiasme et un désir de reconnaissance d’un lien gratifiant avec autrui, une confiance dans le délire valorisant que l’on formerait et dont on souhaiterait un accueil enthousiaste, et se dire alors que l’on devrait avoir des amis, peu importe leur niveau, peu importe leur médiocrité et leur vulgarité, qu’il nous faudrait des amis avec lesquels on boirait des bières l’été sur les morceaux de ferraille des parcs pour enfants, on boirait de la vodka l’hiver autour d’une table sur un tapis, avec lesquels on s’assiérait le dimanche après-midi, entre les immeubles, et que peu importe nos buts, et notre réseau d’intentions, qu’il nous faudrait des amis pour avoir des souvenirs, pour vivre des moments où l’on ait la sensation d’être valorisé dans des scènes que l’on vivrait, et dont garderait le souvenir, d’être valorisé par des scènes, de se dire qu’on a vécu, avoir par exemple éprouvé la sensation d’un léger abaissement de soi, avec l’intention qu’en retour, notre ami agisse de sorte à former une scène valorisante, et qu’il le fasse effectivement, et qu’on sache qu’on en gardera le souvenir, que cela se soit passé dans un délire que permet et que masque l’alcool, mais qui ait eu lieu quand même, et que cela s’accumule en nous et nous fasse éprouver plus facilement de l’enthousiasme, et que le dimanche après-midi, même si la bière est en bouteilles en plastique de deux litres, ne provoquera son habituel mélancolie, ses états d’esprit lié aux temps qui passe, à la vie qui se gâche, que l’on manque, à la proximité d’une nouvelle semaine abrutissante, de successions d’états d’esprit baignant dans la stupidité, que pour l’investir dans la proximité des amis, dans les représentations d’amitié que l’on tire de films ou de souvenirs et auxquelles on fait appel à chaque fois que l’on trinque, se servir de la mélancolie des dimanches après-midi, du temps qui passe et de la vie gâchée, de cet état d’esprit plaintif lié à des représentations imaginaires où l’on nous plaint, pour l’adapter à la façon dont on perçoit la succession de moments que l’on est en train de vivre avec nos amis, à la façon dont on veut agir sur ces moments, les effets que l’on aimerait obtenir, aux scènes de films avec lesquelles on les lie plus ou moins consciemment, à la valorisation qu’on retire du moment que l’on vit, et se représenter les sensations de notre état d’esprit comme de l’amitié, et éprouver la sensation agréable d’une valorisation, et la sensation agréable liée à des représentations plus ou moins conscientes qui font que notre angoisse, notre amertume, sont contrées par la représentation de la sollicitude de nos amis, et se représenter nos amis comme importants et comme proches, et avoir tendance à ranimer plus ou moins volontairement notre amertume, notre tristesse, pour que la sensation agréable liée à la représentation de la sollicitude de nos amis ressurgisse, et faire durer cette sensation dans l’abrutissement, et boire à nouveau de la bière, se dire qu’on est heureux en buvant de la bière ;
[...]
marcher dans les rues, le long des immeubles, dont les façades font ressurgir le réseau de représentations et de sensations s’articulant autour de notre vie gâchée, de tout ce que l’on s’est représenté autour du gâchage de notre vie, marcher dans les morceaux de parc, en faisant attention à ne pas glisser sur le verglas, en se disant que l’on a froid et qu’on endure le froid, les façades faisant ressurgir des liens, plus ou moins inconscient, avec les attenances de la représentation de notre vie gâchée; être dans le métro, cahotant, abruti, regardant la personne en face de soi, abrutie.





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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 18:25


trou-arbre-rv

 

 

Le temps s'est figé dans un bruit sans précédent

La lumière est sur nous, crue

 

Vers le ciel les cris les plus intimes

 

Le lit n'est plus le lieu du secret

Et l'ombre s'est défaite qui nous abritait

 

Les dieux ressuscités nous regardent

Brandir des chiffres qui parlent à notre place

 

Les mots sont priés de se compter


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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 18:25
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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 18:04


Les epaves frontispice
 

Eau forte de F. Rops, frontispice du recueil "Les épaves" de Charles Baudelaire, 1866

 



D'un point de vue gigantesque
Nous sommes allés éclater les bulles de napalm
Que Dieu lançait en s'amusant.

L'air est gris
Il neige du sperme et de la cendre
En continu
J'invoque ta bouche autour de mon sexe
Celui de l'humanité.

Et quand est-ce que ce sera notre tour

D'aller visiter les réseaux de la ville

Les mendiants aux distributeurs de banque.


[Le moteur éteint aime-moi

Au contact à l'acide


"On éteint la lumière?"


Supposer l'orgasme un filigrane

Le feux d'artifice par la fenêtre

Nus sans masques en jouissant

Nous avons joué aux acteurs de l'idéal:


Le nouveau calendrier centième

Le foie gras et le champagne;


Salle-de-bain pour pièce d'à côté.]


Le soleil-matin s'étirait

Et l'on m'a demandé de mentir

En dormant.


J'ai siroté mon whisky

Comme bébé son biberon

Ai vomi cent fois ni toit

Dans le ciel messin

L'ascenseur chantait

Accuse l'idole, le chat-pantin.


http://deathpoe.hautetfort.com
 

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 18:06
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