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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 16:29

La mort de ma mère intervient de manière si imperceptible qu’on ne sait même pas quand exactement le papillon de la mort s’est posée sur elle.  A contrario, catastrophiste comme elle le fut sa vie durant, elle aurait été en pareil moment, en moins en proie à des convulsions en règle.                                                 

En somme, elle n’avait presque pas besoin de mourir pour mourir. Nous étions tous présents à son chevet, mais nous ne l’avons pas vu mourir. C’est comme si, absurdement, elle n’était jamais morte.

   ***

Mama était si rare dans son genre précieux, qu’on n’a pas eu besoin de verser sur elle de l’eau d’or.

Pardon pour cet aphorisme précieux, au sens péjoratif du terme!

  ***

A la mort de cette autre femme, le papillon de la mort est arrivé sans surprise: il sent le muguet.

  ***

Qu’on vive en roi ou en simple valet, on n’envisage pas en esthètes, et encore moins en artistes, sa propre mort, comme un peintre du dimanche, qui ajoute chaque jour une touche ou un trait isolé, à son portrait d’homme mort debout.

Au revoir Jean Cocteau!

  ***

Oui, il existe certes de nombreux hommes qui vivent sous influence, mais il n’en demeure pas moins que nous vivons tous sous influence, celle de la mort seule!

  ***

Il existe des philosophies et non une philosophie unique. Cependant, quelles que soient les idéologies qui les sous-tendent, il est un tronc commun à toutes. C’est leur réflexion sur une certaine mauvaise utilisation de la vie que tous les hommes commettent à un moment ou à un autre de leur existence.

  ***

Certains hommes préfèrent se lancer à l’assaut des autres plutôt que de leurs proches les plus immédiats.

  ***

Nous vivons, nombreux, un passé qui exaspère, un maintenant neutralisant et un lendemain timide.

  ***

Mon Dieu, combien je préfère davantage être l’exégète, même maladroit, des pierres blanches au fond du ruisseau que celui du comportement des hommes en société!

  ***

Le cimetière, ce coin douillet du monde, où presque personne ne vient se vautrer des journées entières, pour retrouver paix et sérénité, et où les passions stériles, les vanités médiocres et les exigus intérêts matériels y sont plus enterrés que les hommes qui les ont vécus.


À suivre...

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 14:20



Elle se tient bien droite, elle sourit un peu,
Elle part, elle revient, elle sourit encore,
Elle souffre, silencieuse, l’air indifférent,
Ses ongles toujours grattent, arrachant sa peau,
Elle tombe, se relève, elle sourit encore,
Elle souffre, travaille, rie, et souffre à nouveau,
Elle stresse, et ses ongles grattent encore sa peau,
Elle veut montrer que ça lui est égal,
(Bien que jamais rien ne lui soit égal)
Elle crie, elle casse, y comprit ceux qu’elle aime,
Elle casse, et travaille, s’isole, pense, écrit,
Elle veut vivre, et aimer, s’oublier un peu,
Se dire que tout ça n’a pas d’importance,
Elle veut vivre, se dire que tout n’est qu’un jeu,
Ses ongles arrachant la peau de ses doigts,
Elle veut vivre, aimer vivre, et travailler,
Et elle envisage, pour elle-même, la mort,
Se calme, réfléchit, l’envisage encore,
Et, contre elle-même, continûment, elle lutte,
Contre son stress, ses points de vue, ses ongles,
Sans arrêt ses doigts qui déchirent ses doigts,
Et contre elle-même, ses obstacles, ses désirs,
Tout ce qu’elle aime, ce qu’elle ne veut pas,
Elle tombe, son corps tremble, ses yeux ne voient rien,
Et elle tremble, et elle tremble, elle s’oublie enfin,
Elle revient, se relève, blottit contre rien,
Elle sourit un peu, elle sourit un peu,
Elle travaille, ses ongles déchirant sa peau,
Mais elle veut, et très fort, elle voudrait tellement,
Elle tombe, toujours elle tombe, et se relève,
Et s’assoit, et travaille, répète, apprend,
Elle se dit qu’il faudrait vivre, et aimer,
Malgré la violence, la violence, elle veut,
La violence que toujours partout elle voit,
Et malgré la violence de ses propres doigts,
Elle veut vivre, aimer, aimer vivre encore.


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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 20:44


J’aime cette expression je ne sais pourquoi: deux fois l’éternité.

Peut-être pour l’appliquer à deux belles femmes, qui n’auraient aucune rivale dans toute l’histoire de l’humanité.

 ***

Lorsqu’on observe l’écho, il s’agit d’une rencontre boulimique, car elle prend une grande place dans le ciel.

 ***

Que vaudrait un cri surveillant, fût-il d’un grand empereur, devant une goutte d’eau cristalline?

 ***

Seuls les philosophes en situation de sagesse tumultueuse m’intéressent.

 ***

Dans l’ouvrage collectif: Le spleen du poète, autour de Fernando Pessoa, je peux lire ces vers d’Angélus Silesius:

“La rose est sans pourquoi; elle fleurit parce qu’elle fleurit,

N’a garde à sa beauté, ne cherche pas si on la voit”. p.59.

Il m’est arrivé dans le passé de composer quelques aphorismes analogues. Est-ce que la communication de pensée existe aussi entre un livre et un homme?

 ***

Beaucoup de poètes dont je suis publient des reculs de poèmes.

 ***

Très souvent, lorsqu’on a très faim et très soif, l’une des deux envies disparaît sous l’autre.

On n’est alors en présence ni d’une soif de faim ni d’une faim de soif.

 ***

Comment faut-il que j’explique que les hommes n’ont pas la main brève avec le ciel?

 ***

Oui, c’est cela, on meurt pour cause d’éternité. Je m’explique: nous perdons de vue l’éternité que nous finissons par rallier définitivement un jour.

 ***

Le ciel nous passe tout le temps entre les mains, mais nous n’y voyons que le feu.

C’est-à-dire rien/

Le feu qui est rien :

Il faut être poète pour le dire !

 ***

Je suis ravi lorsque science et poésie s’opposent, ou tout au moins, donnent des choses, des interprétations participant de deux ordres de représentations strictement distincts. Il existe une multitude d’exemples à cet égard, mais je me contenterais de n’en citer qu’un: le fait que le miroir nous renvoie une image inversée de nous-mêmes. Pour l’homme qui connaît la loi scientifique à la base d’un tel phénomène, il y a constat d’un fait qui s’explique; mais je ne peux m’empêcher, dans le cas présent, de me délecter de l’étonnement voire même du ravissement, poétique, de ceux qui ne connaissent pas une telle loi.

 ***

La raison, c’est le pourquoi des êtres et des choses, c’est la cause efficiente, et tant que la science restera à l’état d’imperfection qui est le sien-ce à quoi elle est congénitalement condamnée- elle n’établira pas la raison des phénomènes, mais leur déraison, en quelque sorte.

 ***

Il est des poètes qui travaillent avec des instants détournés du temps, et ceux qui travaillent avec des instants extraits du temps, et je n’aime pas forcément le premier type précité de poètes.

Et la mort, précisément est présente dans ces deux types de situations.


(A suivre...)

 

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 20:01

 

 


Chez certains hommes, c’est leur magnifique propension à être poètes, touchant à la folie, mais invisible pour autrui, qui fait d’eux de très bons poètes, plus que leurs apparentes oeuvres poétiques.

  ***

Il quitte sa ville natale vingt ans durant sans y être retourné depuis. Mais quand il y pose de nouveau son pied, il en expérimente pour la première fois la nostalgie, comme s’il venait de s’en séparer pour la première fois, et non de la retrouver après une si longue absence.

  ***

Rilke a su merveilleusement créer pour ses mots de poésie de profonds malaises.

Rilke a su merveilleusement créer dans ses poèmes de profonds marasmes. Sans précédent dans l’histoire de la poésie.

  ***

Etre historien, c’est souvent s’accaparer les oublis des autres, sans véritablement les transformer en souvenirs.

  ***

J’aime ce petit texte, qui s’applique à mes appréhensions très vives précédant mes voyages:

rassemblant tous ses pas, je décide finalement de ne pas partir.

  ***

Il existe nombre d’hommes publics qui passent le plus clair de leur temps chez eux à la maison.

ou: l’avantage suprême pour des hommes publics est de passer le plus clair de leur temps chez eux à la maison.

  ***

On vient à la poésie aidé d’un langage solitaire, y compris vis-à-vis de soi-même. C’est ce qui a fait peut être la spécificité de la poésie de Mallarmé.

  ***

La poésie fait injustement ombrage au monde, car elle n’est pas aussi belle que lui.

  ***

L’aube plus lumineuse, plus lumineuse que le plus éclatant des jours, arrive pour mon extase d’appartenir à Dieu. A tous les moments de la journée.

  ***

Le prénom de l’aube/le surnom du ruisseau… sur quoi écrire de la poésie si on ne les connaît pas? 

  ***

La plus grande solitude comblée dans toute l’histoire de l’univers, elle advient lorsque le ruisseau reflète le jour, en l’intégrant totalement.

  *** 

La plus grande déperdition dans l’univers, que dis-je, dans tout le cosmos, c’est l’oubli que commettent les hommes en toute situation.

  ***

Cette aube prend très vite du jour exactement comme le bateau prend de l’eau. Ils coulent tous deux de la même manière. La première dans le jour et le deuxième dans l’eau.

  ***

Il faut apprendre que le mot est aussi une mappemonde.

  ***

Les liens de parenté entre l’homme et le mot ne sont pas que verbaux, tant s’en faut.

  ***

La langue fait preuve d’un génie indiscutable. Je pourrais produire plusieurs exemples à cet égard, mais je me contente du suivant: lorsque ce professeur dit qu’il parle dans son cours, il signifie par là qu’il y critique très sévèrement le régime politique actuel de son pays.

  ***

Le mot m’apprend le monde mieux que le monde lui-même.

  ***

Voilà, j’en cherchais l’idée depuis des années, le mot est plus vrai que le monde.

  ***

Les mots les plus somptueux avec la vie ne sont pas somptueux.

Les mots les plus somptueux avec la vie ne sont pas les plus somptueux.

  ***

J’attends encore quelques jours encore pour écrire sur ce temple vide inhibé habité de cigales qui ne chantent jamais.

  ***

Finalement, finalement, la vie est un bien bel outil pour mourir.

 

(A suivre...)

 


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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 20:58

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Solstice d’été

 


Apogée de lumière :

Les cigales frileuses

Se taisent.

 

Le vent d’ouest caresse

Les herbes folles,

Les vagues

Et survole d’autres ports …

 

Entre nuages

Et giboulées :

Scintillement solaire,

Éclat diamantaire …

 

L’été tire

Sa flemme

Dans un soupir

Suprême …

 

 


Soleil de minuit

 

 

Sous le regard timide

du croissant

Les étoiles frangent

le ciel

Le soleil a glané

les poussières d’ambre

Sous le scintillement

de leur joli balai …

 

 

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 12:17


 

 

 

 

 

http://www.jabberwock.fr

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 13:36

 

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 12:55
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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 17:03

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