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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 18:00

Muchacha

 

 

Tandis que lui travaille, elle a toujours eu une vie de bohème.

Faisant de petits boulots ici et là, elle se croit libre mais voilà...

Hier…

Le poids du passé…

Elle ne sait plus vraiment où aller.

Et puis ne paie-t elle pas aujourd’hui, de sa jeunesse vagabonde, les pots cassés.

Toujours, elle s’est senti une âme d’artiste.

Elle a écrit, chanté, joué la comédie…

Les petits boulots qu’elle fait attisent son orgueil, mais voilà…

Elle est fatiguée.

Plus jeune, elle a étudié l’histoire de l’art, non pas en vue d’une carrière, mais pour son seul plaisir.

Ensuite, elle a rejoint une troupe de théâtre, elle y a rencontré des gens « extraordinaires »...

Elle a fait de la musique tout en étant serveuse.

Elle a même voulu à un moment réaménager une vieille bâtisse à la campagne.

Elle n’a jamais rougi de sa condition, elle en a même parfois retiré de la force...

Mais maintenant…

Une chose lui a permis de tenir pendant ces dix années : les rêves de reconnaissance qu’elle caressait.

Le soir, sur son oreiller, elle y pense encore.

Elle s’imagine un jour au milieu de ceux qui l’ont dénigrée, sûre d’elle, épanouie, prenant sa revanche…

Elle se voit offrir à ceux qui l’avaient soutenue, ce qu’elle n’avait jamais eu : une chance.

Elle en est là, à croire que toute sa vie comme un puzzle s’emboîtera un jour grâce à un évènement incongru… comme une petite fille qui attend, blottie sous ses draps, l’arrivée du prince charmant.

Elle attend.

Elle vit avec ce frêle espoir.

Rien.

Hier, elle s’est dit :

- Il est trop tard. Trop tard pour passer des concours, reprendre mes études. Que vais-je faire de ma vie ?

Maintenant elle voudrait renaître.

Redevenir une enfant, que sa vie soit une page blanche sur laquelle elle écrirait différemment.

 

Peut-être que demain elle devra faire un choix. Essayer de devenir celle qu’elle est au risque de ne l’être jamais ou bien… enfin se reposer.

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 17:55

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C’était leur rêve. 

Un rêve de jeunesse, un rêve riverain, un rêve d’évasion, évasif...

Longtemps, entre eux, ils en ont parlé.

Tantôt ce rêve leur est apparu comme impossible, tantôt, certains soirs d’ivresse, comme à leur portée.

Longtemps, tous deux l’ont caressé : témoin muet d’une jeunesse languissante.

Au départ, cela n’aurait été qu’un simple cabanon abandonné, ou  peut-être avec un peu de chance, une vieille bâtisse qu’ils auraient restaurée ensemble, pour y vivre.

Il y aurait eu du travail, tous deux auraient mis du cœur à l’ouvrage…

Avant tout il aurait fallu refaire la toiture.

Sur la charpente, déformée par les ans, il aurait disposé tant bien que mal, de petits carreaux de terre cuite ou d’ardoise ; elle aurait proposé de peindre sur les tuiles des motifs chamarrés évoquant le terroir.

Plus habile que lui, elle aurait dessiné des tulipes à coloris variés, des fauvettes, des faisans, des bouvreuils, des roseaux, des genêts jaunes, des épicéas, des pins parasols, des glaïeuls à la fleur de l’âge et même de petits ruisseaux serpentant la plaine.

 Quant à lui, sans souci de réalisme, voulant mêler au  pittoresque un soupçon d’exotisme, il aurait voulu dessiner en vain un paysage touffu et fantastique sensé représenter, allégoriquement, l’oasis d’El Goléa.

Bien sûr, de temps en temps, au plus fort des chaleurs ou à la nuit tombée, ils se seraient arrêtés...

Un temps seulement, pour se désaltérer de cette eau fraîche des montagnes, de ce vin fort et sec qui vous râpe la gorge, pour déguster à pleine bouche un fruit rouge et juteux épais comme le poing, une salade de pissenlits, un pâté de campagne…

Pendant qu’elle serait partie à l’aventure, en éclaireur, chiner dans les hameaux avoisinants pour dégoter du mobilier vétuste, de la vaisselle vénitienne et toute une ribambelle de broutilles indispensables à l’authenticité du lieu, il se serait improvisé menuisier.

Armé de larges planches de merisier et du manuel pratique du parfait ébéniste, il se serait attelé à la tâche. Ponçant, lissant, polissant de petits tabourets d’ébène et des meubles anciens, rembourrant de vieux fauteuils chétifs, et avec des rameaux longs et flexibles, cueillis à même les saules, raccommodant des chaises en osier…

Une fois les travaux de restauration achevés, ils auraient commencé la déco avec le sentiment partagé de créer une atmosphère artistiquement conviviale.

Dans la grande salle, sur les murs de pierre, elle aurait accroché toute une variété de casseroles en cuivre, elle aurait mêlé des toiles de son cru à des reproductions de Matisse, Renoir, Watteau suggérant des sujets champêtres ou des fêtes galantes.

Entre deux toiles il aurait disposé tout un tas de babioles aux sonorités

étrangement paysannes : un couladou, un sentadou, un bouffadou, ainsi que bien d’autres objets rares : une vieille planche à pain, un rouet servant autrefois à filer le chanvre et le lin, les vestiges d’une machine à coudre…

Sur la cheminée en brique crénelée, sous le porche, ils auraient posé deux landiers en fer forgé, un chandelier, et, sur une petite étagère en acajou, des bougeoirs et deux longs candélabres en bronze ou en laiton malléable dans le but de donner à la pièce, selon l’humeur des nouveaux convives, une tonalité intime ou bien festive.

Là, pour le souper, ils auraient pendu à la crémaillère un morceau de lard fumé et une énorme marmite en fonte.

Assis, tout à leur aise, près de l’âtre crépitant, ils auraient discuté théâtralement de l’avancée des travaux, de divers sujets politiques, philosophiques, scientifiques.

Chacun aurait donné son avis.

Leurs repas n’auraient rien eu de précieux ou de raffiné, mais la fraîcheur, la frugalité des mets, la bonhomie des invités auraient procuré au palais une saveur particulière et sans cesse renouvelée.

Peu à peu, ce lieu leur serait devenu familier.

Le soir, parfois, dans le silence, assis confortablement au coin du feu, lui roulant une cigarette, elle sirotant une tisane de tilleul, ils se seraient demandé si tous ces objets inanimés n’avaient pas une âme.

 

C’était un rêve, un rêve romantique, un rêve de jeunesse, un rêve riverain, un rêve d’évasion, évasif. Un rêve qui avec l’âge peu à peu s’évaporait.


 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 18:53

SIMS22

 

 

Quand il arrive ce dimanche, dans la ville de son enfance, il a la gorge serrée.

Hormis le petit carrousel dans le parc rougi par l’automne, rien n’a changé.

Voilà près d’un an qu’il n’est revenu dans ces rues familières à l’odeur particulière, qui changent de visage selon les saisons.

Il lui semble que c’est hier, qu’accompagné de sa mère, marchant bras dessus, bras dessous, ils flânaient sur l’allée principale qui abrite le marché de Noël.

Les travaux de la maison familiale ont avancé.

Son père a fait le crépi, les murs sont habillés de tapisseries… et des bibelots inconnus, jouent, dans la bibliothèque, auquel se fera le plus remarquer.

Plus tard, dans la chambre de ses parents, il déballe le gros carton de photos.

Il aime ce carton, témoin muet de sa jeunesse… ange gardien de son passé.

Tellement de figures ont changé !

Sa grand-mère portant la bûche… sa petite sœur perchée sur un arbre comme un oiseau… et son père au régiment à qui il ressemble comme deux gouttes d’eau…

Un monde surgit tout à coup de l’oubli !

Devant lui s’étale le livre de sa vie.

Entre les lignes, revivent des êtres dont l’existence ne tenait qu’à ces bouts de papier.

Ici, sa mère en timide mariée près de son grand-père défunt ; là, sa tante dansant dans les bras d’un fiancé dont il a entendu parler mais qu’il n’a jamais vu.

Ce parfum palpable des vieilles photos qui exhalent, désordonnées des bribes du passé, peu à peu, pénètre son cœur qui bat la chamade.

Voilà cinq ans qu’il a quitté le cocon familial, s’est consacré à sa vie, à sa vie avec elle, à ses amis, à l’usine.

Et pendant tout ce temps il a oublié, oublié sa famille.

Ceux qui sans doute l’ont le plus aimé reposent paisiblement devant lui…

Aux vingt ans de son frère, il ne se voit pas sur les photos, pas plus qu’aux deux derniers Noëls… Ni à la pose de la première pierre de la maison par son père…

Où était-il pendant ce temps ?

II a voulu vivre...

Se trouver ! Peut-être, au fond... s’est-il perdu ?

Mais déjà, le voilà qui repart, le lendemain.

 

Courant à perdre haleine vers sa vie, cherchant à se faire aimer d’inconnus... le voilà qui repart et qui déjà n’y pense plus.


 

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 19:00

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Elle ne s’est jamais retrouvée seule.

 Depuis lui… Lui, son musicien...

Quand ses mains délicates vagabondaient le long de sa nuque, sur ses seins, des frissons parcouraient son corps nu tout entier.

Elle l’avait vraiment aimé, depuis longtemps, depuis toujours…

Elle n’avait jamais ressenti une telle attirance pour un autre homme.

Après lui donc, lors de soirées trop arrosées, par tristesse ou par vengeance, elle s’était offerte au premier venu : le cœur n’y était pas…

Pourtant…

Sous les caresses maladroites de ses amants d’un soir, elle se laissait aller, elle oubliait…

Quelle connerie !

Croyant assumer sa féminité, elle se pliait au dictat du corps, elle faisait de ses désirs une religion… laissant de côté la raison, obéissant à ses pulsions. Deux ou trois relations à la fois… nécessaires, selon elle, à son équilibre. Pff…

Elle sortait d’un lit pour en rejoindre un autre, elle allait et venait, se croyant libre comme l’air,disant à celles qui la jugeaient :

- C’est comme ça que je vis !

Elle n’avait plus une minute à elle, pour elle.

Sa vie était remplie de gens qu’elle croisait, de projets souvent inachevés, de livres à peine commencés...

 

Parfois, elle pense à lui, à leur première fois, elle le revoit, assis, à côté d’elle… à leur première fois…

Un sentiment bizarre l’envahit, elle se sent faible, elle fuit, comme en danger… 

Et alors, appelle un de ces types rencontrés en soirée…

 

Et elle égrène sa solitude, son mal de vivre  dans la foule…  Mais pour elle, toujours surgit au moment où elle s’y attend le moins, l’ombre qui la poursuit et qu’elle sème en vain.

 

Pourtant, ce matin là...


 

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 18:48

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C’est la première fois qu’il part faire du camping en Ardèche.

Tout un week-end… sans ses parents !

Son père dans la voiture les taquine, son meilleur ami et lui.

Il leur raconte une virée, qu’il a faite en Espagne avec des copains : les galères en stop sous la pluie, sa première cigarette, les petites espagnoles…

 Une fois au camping, en embrassant son fils, le père lui dit :

- Ne faites pas trop les cons...

Et lui glissant dans la main une boite de préservatifs, il ajoute :

- Tu pourrais en avoir besoin.

Le père s’en va, les deux ados commencent à s’installer…

Ils montent leur tente à côté de la rivière, posent la guitare sur une pierre, le réchaud et les pâtes à l’ombre et les bières dans l’eau.

Livrés à eux-mêmes, ils sourient pour rien…

Les derniers rayons du soleil viennent réchauffer leurs torses glabres et nus.

Ils se sentent libres… ils sont bien.

Fièrement, ils regardent passer les jeunes filles encore accompagnées par leurs parents.

La première bière décapsulée… la première cigarette allumée…

Lui, muni de la guitare, joue un  Marche à l’ombre  énergique tandis qu’Alex, couché sur l’herbe, gribouille sur son cahier quelques phrases poétiques.

La musique… Il sent peu à peu sa vocation de musicien s’affermir.

Les bières s’amoncellent à côté de la tente, les deux amis discourent musique et révolution, les mots « liberté », « chansons » reviennent sur leurs lèvres comme un refrain jusqu’à ce qu’ils soient évincés par des préoccupations de leur âge.

La discussion glisse alors sur les filles, mais non point de façon vulgaire, comme au lycée.

Ils se surprennent à être sincères.

Ils sont heureux d’avoir parlé ainsi, pour la première fois de façon franche.

Ils sentent maintenant cette forte amitié qui les lie ; ce sentiment les envahit…

Une musique tintinnabule au loin.

C’est un air qu’ils connaissent par cœur…

Ils se lèvent en chœur et se dirigent au crépuscule vers le bar du camping.

Là, un vieux musicos de cinquante balais reprend de vieilles chansons françaises : Le plat pays, Les vieux amants, Les feuilles mortes, L’auvergnat

Alors, les deux adolescents crient sans hésiter :

- Du Renaud ! Du Renaud !

Au bout d’une heure, le musicien ne fait plus l’unanimité.

Ils se surprennent, de concert, à le critiquer… jusqu’à ce que leur attention  soit attirée par le banc d’à côté, sur lequel se trémoussent troisjeunes adolescentes.

Ils n’osent pas les aborder.

Ils se mettent debout, ils se bousculent, rigolent fort et faisant semblant d’aller aux toilettes, ils passent et repassent devant le banc.

Au bout de quelque temps, l’une d’entre elles, prétextant de leur piquer une cigarette, les aborde.

Après quelques mots échangés, le regardant lui,  droit dans les yeux, comme ça, sans préambule, elle dit :

   - Tu sais, ma sœur te trouve mignon…

Alex pouffe de rire…

Il  sent soudain sa gorge se serrer.

Il ne répond rien, il ne sait que répondre.

Son pote sourit nerveusement, la jeune fille lui chuchote quelque chose à l’oreille, tous deux s’éclipsent…

Il reste seul un court instant.

La soeur arrive…

Maintenant ils sont assis sur le banc comme deux inconnus…

Ils n’ont rien à se dire, leurs lèvres se rapprochent, ils s’embrassent.

Pourquoi ?

Ils ne le savent pas vraiment... la situation…

On leur a donné un rôle à jouer, ils le jouent.

Et puis, une fois que le corps a parlé, tout devient plus facile.

Subitement ils se comprennent, sans échanger un mot.

C’est drôle, c’est bien ce soir là qu’il sent pour la première fois que les êtres ont cette faculté de s’exprimer sans avoir rien à dire…

Main dans la main, ils rejoignent les autres…

Alex gratte sa guitare, les deux jeunes filles ne le quittent pas des yeux.

C’est une chanson de Brassens : Mourir pour des idées.

Les paroles lui semblent loin, très loin.

Une parole… ils s’éclipsent sous la tente.

Il fait noir.

Quelques instants...

Ils se mettent à explorer leurs corps…

Nulle parole, nul regard...

Les sens seuls parlent, protégés par l’obscurité.

Cette conversation tactile lui semble si précieuse qu’il n’en est jamais rassasié.

L’acte sexuel ne lui vient même pas à l’esprit, l’innocence lie leurs sens et les caresses instinctivement parsemées sur leurs corps vierges ont la saveur de l’inconnu.

Il ne le sait pas, mais ce sont des gestes qu’avec l’âge il oubliera.

La nuit est brève.

Les premiers rayons du soleil déjà éclairent leurs visages.

C’est l’heure du premier regard, de la première parole, il l’entend

murmurer :

- Je t’aime…

A ces mots, soudain, une sensation désagréable…

Ces mots, il ne les comprend pas…

 Comment pourrait-il les comprendre ?

Pourtant…

Un jour, bien plus tard, assis confortablement à la terrasse d’un café, jouant avec ses clés, en paix avec lui-même, il éprouvera pour une autre, pour Elle, ce que cette frêle adolescente avait sans doute ressenti pour lui…

 

Il comprendra.


 

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 18:46

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Cest au cours d’un voyage scolaire en Italie.

Il s’en souviendra… toute sa vie, enfin… c’est ce qu’on dit.

L’adolescente s’appelle…

Elle est en troisième…

Lui en cinquième.

Pourquoi a-t-il fait ça ?

Pour la simple raison qu’on se moquait de lui !

Pourtant, lui, il s’imaginait que le premier baiser était dans une vie un acte important, qu’il fallait, pour l’accomplir, éprouver ce sentiment surnaturel qu’on appelle l’amour. Lui, il ne connaissait rien à l’amour.

Parfois, il se disait qu’il l’aimait, elle…

Il n’en était pas sûr.

Mais quand elle était près de lui, il se sentait bizarre, comme différent.

Mais elle ne lui avait rien demandé, elle ! C’était l’autre qui voulait sortir avec lui...

Comment déjà ? Constance… Clémence… Clarence…

Donc ce fameux soir, C* vient le voir, suivie par  une cohorte d’adolescentes, toutes excitées.

Tous deux timidement se dirigent vers un coin sombre, sans parler.

Ils restent face à face un long moment.

Brusquement, C* met les mains autour de son cou ; malhabile, il lui emprisonne la taille, leurs yeux se rencontrent, avant de se fermer…

Leurs langues s’enlacent.

Un peu plus loin, on entend des rires, des gloussements…

Le baiser dure longtemps.

Il ouvre les yeux de temps en temps, il ne sait pas s’il doit s’arrêter ou continuer…

Il commence même à avoir du mal à respirer, mais, satisfait, il pense :

- Ca y est, c’est fait !

Soudain, il songe, naïvement, qu’un monde meurt…

Il a l’impression d’être un grand, plus jamais il ne sera comme avant.

Ils s’embrassent encore deux ou trois fois, chaque baiser dure une éternité.

A la longue, il en a un peu marre de  faire tourner sa langue encore et encore, inlassablement, mais il ne dit rien, avant qu’un filet de bave vienne s’accumuler sous son palais et l’empêche de respirer.

Ils se séparent sans un mot.

Quand il rejoint ses copains, ils trépignent, lui donnent l’accolade dans le dos, ils sont fiers de lui, peut-être même un peu jaloux…

C’est bizarre… comme s’il avait accompli un exploit surhumain.

Il joue son rôle, plaisante avec eux, leur donne de faux détails et d’autres indiscrets.

Et finit par  conclure que l’autre, C*, ne sait pas embrasser…

  

Quand il s’éloigne de son groupe d’amis, il croise tout à coup le regard de celle qu’il croyait aimer.


 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 18:42

 

Martine Fugue

Elle a tout prévu.

Elle a fait son sac en douce avant de se coucher.

Après le repas, elle s’est levée à pas de loup, pour chiper dans le frigo une part de pizza, deux pommes… et, bien sûr, une tablette de chocolat.

Un bond…

Elle saute du lit pour tout revérifier une dernière fois.

Trois culottes, trois paires de chaussettes, une jupe, un jeans, une carte de France, une lampe, un couteau suisse… et, bien sûr, sa petite trousse de maquillage.

Elle aurait dû prendre un pull, mais dans la rue, quand on est trop chargé, on éveille l’attention…

Elle n’a pas de projets précis…

La route…comme Kérouac…

La bohème… Comme Rimbaud !

Elle s’imagine la réaction de ses parents…

ça sera bien fait pour leur gueule, surtout pour celle de son vieux !

C’est vrai qu’elle va regretter sa chambre, ses poupées, son Clowny… ses cassettes… 

L’heure tourne…

Elle commence à lutter pour ne pas s’endormir.

Elle a prévu de partir à l’aube.

Elle se récite un court passage d’un poème « Demain dès l’aube…. »

Prendre un train au hasard…

Elle a assez d’argent pour vivre une semaine dans une auberge de jeunesse...

Mais après ? Soudain elle doute !

Pour la première fois, elle se pose un tas de questions...

Si la police la cherche… si elle tombe sur des mecs louches…

Pour ça, elle a son couteau…

Trop tard pour reculer !

Le sommeil l’enlace peu à peu… elle ferme les yeux…

Tout à coup elle les ouvre !

Affolée…

Sept heures ! Des bruits de pas dans l’escalier.

On frappe à sa porte…

Son père… qui vient comme d’habitude la tirer du lit.

Elle se tapit sous ses couvertures… grogne ! Tant pis…

 

En se levant ce matin là, elle se jure, « croix de bois, croix de fer »… que la nuit prochaine sera la bonne !

 

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 18:37

Yiannis-Silhouettes 0022

A la ferme, elle ne s’ennuie pas.

Elle se lève très tôt, comme les jours d’école, mais plus en forme.

Elle déjeune près du fourneau d’un grand bol de lait chaud quand son papy a fini de traire les vaches.

Ensuite, elle va à l’écurie pour donner du fourrage aux lapins.

Parfois elle en prend un dans ses petites mains, le caresse longtemps, avant de le reposer toute triste dans son  clapier …

Une fois dans le poulailler, elle s’avance très doucement…  sans bruit, à pas de loup, pour surprendre une poule en train de pondre l’œuf.

Elle connait par cœur toutes leurs cachettes et dans son panier en osier, un à un, délicatement, elle dépose les œufs.

Vers onze heures, mamy l’appelle…

Le cahier de vacances.

Distraitement, elle fait ses devoirs tout en pensant qu’elle ira voir, après, sans rien dire, parce que c’est dangereux, l’essaim d’abeilles niché entre la vitre et la fenêtre du grenier.

A midi, grand-père se fait attendre et comme d’habitude grand-mère ronchonne :

- On ne sait pas où il passe celui-là…

Au milieu du repas, on entend toujours un bruit de moteur, sauf les dimanches...

Elle saute de sa chaise, court jusqu’à la boîte…chaque jour elle reçoit des nouvelles de ses parents…

L’après-midi, quand elle n’a rien à faire, elle aide sa grand-mère à éplucher les patates, ou à faire une tarte aux pommes.

D’autres fois, elle va voir ses tantes qui lui apprennent à jouer aux cartes, qui l’emmènent dans la forêt chercher des myrtilles et des framboises.

Certains jours, de mèche avec son grand-père, elle monte sur le tracteur et l’accompagne faner le foin dans les champs alentour.

Ils reviennent avant la nuit.

Le soir, elle est fatiguée... plus que les jours d’école.

Elle s’assoit à côté de la cheminée, un livre dans les mains, les pieds au chaud et écoute les adultes parler.

- Elle ne s’ennuie pas trop, la petite ? demande une tante.

- Oh ! Vous savez qu’elle aime  venir ici ! Quand on ne sera plus là, ma pauvre, ses parents ne viendront plus mais je vous assure que la petite, elle, elle y viendra…

Elle ne dit rien, la petite.

Plus tard, adolescente, elle comprendra cette phrase d’un livre :   

 

Les lieux de l’enfance sont des temples sacrés

Qui, quand on y revient, nous livrent leurs secrets .

 

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 19:14

 

Un souvenir mélancolique

M'a filé la colique

Et comme un alcoolique

Je bois.

 

Etranges sont nos cavalcades

Nos froides mascarades

Ses larmes en cascades

Pour toi.

 

Mais pourrait-on vivre autrement

Comme Lautréamont

Dans un enfermement

De soi.

 

L'alcool lave les écorchures

Le sang sur nos mouchoirs,

Nous conduit sur un char

De soie.

 

Soyons honnête avec nous même

Dans le cou des étoiles

Enfin tombe le voile

Et moi.

 

Narguant une dernière fois

Les anges indigestes

Je rassemble mes restes

Et fuis

 

Avalant des bouchées de nuit

Sans me rassasier

Je détruis casanier

Ma vie.

 

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 19:12


 

Deux mille huit sonne comme un renoncement…

Tu goberas demain et ma joie et ma peine

Quand nos destins fatals s’en iront doucement

S’éclipsant l’un de l’autre en une étreinte blême.

 

La tristesse s’attire et l’union de deux êtres,

Parfois n’est qu’un mensonge quoi qu’ils en laissent paraître...

Un effet de miroir où chacun débroussaille

Dans un vague reflet le passé qui l’assaille

 

Oui ce n’est que cela le soi-disant amour :

Trouver un peu de soi dans celles qui nous entourent !

 

Mais je n’ai jamais bien compris, moi, ce besoin d’ivresse,

De ne plus être soi, de s’oublier en somme,

De lentement se fondre sous une caresse,

De renoncer souvent à ce qui fait de nous des hommes.

 

Les élans les plus purs sont de pâles squelettes

Que la vie redondante assomme à l’aveuglette

Et ceux qui ont aimé ont l’œil fier et fragile

Les mains fanées, le corps cassé, le cœur humide.

 

Ils oscillent entre l’amour et l’amertume.

De leur être s’élève une offense insensée,

Tu les verras pleurer pour rien, un simple rhume

Ou chanter à voix basse des airs surannés.

 

Quelles infirmités les poussent à fouiller

Leur passé poussiéreux, à vivre d’espérances ?

Ils se disent humiliés et la lèvre mouillée

Ils vont, viennent et se saoulent de leurs errances.

 

Mais moi je ne suis pas de ceux qui renoncent facilement

Tu goberas demain, et ma joie et ma peine

Quand nos destins fatals s’en iront promptement

Se fondre l’un à l’autre en une étreinte blême.


 

 

 

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