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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 20:30




        La vie vacille,
        Sous sa faucille,
        On se suicide
        En un instant.


    Ce fut si simple,
    Ils trimbalaient
    Depuis l’adolescence
    Dans leurs cartables
    Des miettes de sable,
    Dans leurs valises en carton,
    L’indifférence volubile
    Des malhabiles remontrances,
    Des quotidiennes dépendances.

    Loin du cocon,
    On perd leur trace,
    A l’aveuglette,
    Leur vie vadrouille
    De trouille en trouille,
    Plus les destinées se découvrent
    Plus leur coeur se couvre de rides
    Et moins ils voient tomber les gouttes,
    Ils se consolent de mots rares.

    Un soir, dans le lit du silence
    S’élancent et s’enlacent,
    Ceux là qui ont vécu selon
    Les violences de l’extase.

        La vie vacille,
        Sous sa faucille
        On se suicide
        En un instant.


    Ce fut si simple,
    Ils trimbalaient
    Des miettes de sable
    Dans leurs valises en carton...

    Et, ceux qui restent, impuissants,
    S’arrachent les cheveux,
    S’enterrent dans des trous,
    Bâtissent des statues.

    La vie s’arrête
    Pour eux aussi.
    Désormais, ils vivront
    Comme les bêtes,
    Un oeil ouvert
    Sur le passé
    L’autre fermé
    Sur l’avenir.

                        La
                  vie
       vacille...


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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 13:54



(Clic sur le texte pour l'agrandir)

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 12:12





" La lucidité est la blessure la plus proche du Soleil " René Char

 

   

Ils vont les clairvoyants

Déguster leur souffrance,

Jusqu’à en devenir féroce !

 

Un jour, désœuvrés, ils se proclament artistes !

 

Dès lors, chacune de leur ligne est une écharde

Sans cesse boursoufflée,

De morceaux de vie pleurnicharde !

 

Ils ne vomissent pas,

Le cœur au bord des lèvres,

Ils mâchent et remâchent chaque bouchée

De leur petit Moi !

 

Des versants de la Plainte

Aux versants de l’Orgueil

Ils se déversent à chaque Instant,

Tissant toujours des vers sans

Saveurs qui seront sensés les sauver !

 

Alors, bien sûr, ils réclament à tue-tête,

Un frère de misère, une sœur de sueur… un lecteur !!

Qui viendrait éponger les longs poèmes

A l’ossature désossée 

Qui s’écoulent le long de leurs paupières immondes !

 

Et ils s’en vont la plume au cul,

Ne s’agitant toujours qu’autour d’eux même

Ne reniflant pas plus loin que leur luth !

Et ils s’en vont  stupides, immobiles

Sans paletot, sans idéaux

Pareils à de vulgaires et tristes PlayMobil.

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 00:01

 

 



Au Commencement... du dégoût, il n’y a rien

D’autre que ce qui  saccage

Chaque jour  un peu plus

La chanson de l’enfance.

 

Ce n’est qu’après que viennent,

Pour donner forme à ce dégoût,

Les sanglots étouffés

Les souvenirs sanglants,

Les paupières pendantes

Et les renoncements…

 

Ce soir, tu reviens  de la Ville,

Tu reviens

Avide de sarcasmes,

Tu  reviens

Des spasmes de la Ville,

Tu reviens

Les  idées vagues

Les idées…

Vaselines des Rêves.

D’où  le dégoût s’élève… discrètement !

 

Au commencement du dégoût,

Du moins, du tiens

Il y a les Artistes,

Lézards tristes à l’ânonnement pleurnichard

A l’arrogante catharsis

Qui maquillent en un engagement  fade

Une  personnalité mièvre!

 

Ce soir tu reviens de la Ville Rêve.

La ville, d’où le dégoût s’élève bruyamment !

 

Devant toi

Le soir flambe.

 

Il n’ya plus rien ici.

 

Il reste le soir.

 

Un peu d’orgueil !

 

Allez !

 

Contrairement à ce qu’ils disent

Tu n’es pas de ceux qui remorquent les souvenirs !


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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 09:51



Elle vit de vertiges.

Suspendue

Comme une longue tige

Aux nues !

Artiste,

Elle écrit quelques textes

Lyriques,

Prétextes,

Mélanges d’amour et de sexe !

Elle se dit originale,

En proie

Aux élucubrations vénales

Et croit

Etre une femme libre

Sans port

En traitant la masse virile

De porcs !

Elle mélange volontiers

Les noms

Liberté, sexualité

Et son

Verbe sonne parfois

Original

Quand elle mêle orgasme et voie

Vaginale.

Pourtant, ses monologues n’ont rien

De très nouveau ;

Même quand elle en vient

A parler du clito.

Elle voudrait assassiner tous les tabous

Comme en son temps Clio…

Allons ! A chacun son ragoût.

Elle  fait sa petite vaisselle

Dans sa cuvette féministe…

Je suis artiste

Dit-elle

Et c’est bien pour cette raison

Qu’elle ne se rase plus

Sous les aisselles.


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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 13:23

 

   Il arrive tremblant. Il sait l’effet que les premières gorgées vont lui faire. S’oublier à tout prix, s’oublier…Il se dit que cette fois ce sera différent, qu’il boira raisonnablement.

   Il trempe ses lèvres dans le liquide, il savoure de petites gorgées. Il sait qu’il se retient.

   Il recommande un verre… après tout, cela ne peut pas lui faire de mal…

   Son palais s’assouplit, sa gorge retrouve de son humidité, c’est tout son être qui se détend. La fumée est moelleuse au contact de l’alcool…S’oublier…y croire à nouveau…rêver même.   Pour Didier avec un verre tout redevient possible, l’avenir n’est plus ce gouffre immense où il s’enlise quand il est sobre. L’avenir…demain…demain…oui !

   Si seulement tout était différent, s’il avait eu quelque chose à faire de sa journée, il n’aurait pas bu, il en est sûr, il le sait, se le dit, s’en persuade. Et puis quoi ! Ca fait une semaine qu’il n’a rien bu. Cette fois-ci ce sera différent.

   La chaleur monte dans sa tête ; ses yeux le piquent un peu, sa main gauche palpe ses joues :

   - La même chose, s’il vous plaît !

   L’heure tourne… il est bien…La musique s’égrène, il regarde autour de lui. Il n’est pas seul à boire. Un gars au comptoir a l’air bien éméché déjà, ça le rassure. Il se prend à sourire, à dire un mot gentil à la serveuse qui pose sur sa table des cacahuètes. Voilà une semaine qu’il ne s’était pas senti aussi serein. Il est bien…l’avenir…demain…

   - Décidément, la cigarette avec l’alcool, c’est incomparable !

   Il écoute en lui monter l’effet du Whisky, son corps semble redevenir lui-même, c’est étrange cette sensation. Mais plus il boit, plus il a envie de boire et plus il boit, plus il boit vite…Trois, quatre, cinq verres… Il n’est jamais rassasié. Il se laisse aller, on verra bien demain, demain…Il se lève ! Va aux toilettes, sa démarche est moins assurée. La glace…ses yeux ont changé, son visage n’est plus le même…il ne pisse pas droit…

   Il est seul, il se sent seul.

   Tout à coup ses démons ressurgissent… vagues, informes. C’est tout le poids de la réalité qui pèse sur lui : son travail, ses rancœurs, son impuissance face à la vie. Mais il est saoul et il balaye tout ça d’un rien à foutre solennel suivi d’un rot.

   Vers vingt heures le spectacle est fini. Il ne sent plus son corps, les pensées brouillées se succèdent, il a envie de parler mais il est seul.

   Le visage de Florence flotte dans son esprit entouré de celui d’autres femmes. A la dérive, il cherche tant bien que mal à se lever, à bouger sa carcasse.

   Il s’éveille le lendemain. Comment est-il rentré chez lui ? Il ne s’en souvient plus.

   Sa gorge est effroyablement sèche et âpre. Les flashs se succèdent : le bar…le whisky…En se levant il voit une pizza sur la table, à peine entamée… ça lui revient… il l’a achetée en rentrant…

   Il fouille dans ses poches. Elles sont vides ! Il a honte de lui, tellement honte !

   Une douche… ça va déjà mieux, il y pense un peu moins. Il se persuade que ce n’est pas grave… La journée est foutue. Il va faire des courses, rachète un pack de bières, c’est le seul moyen d’émerger, pense-t-il.

 

   Et puis ce n’est pas grave, demain…demain…demain…


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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 21:17


Peut-être est-ce la honte de n’être personne, ou le désir farouche de devenir quelqu’un qui a poussé Dimitri vers la politique.

   A l’adolescence, petit et boutonneux, il n’avait d’autre choix que d’étudier, il n’y avait qu’en classe qu’il se sentait à l’aise, sûr de lui. Il levait le doigt à tout bout de champ et il aimait sentir sur lui l’œil admiratif, envieux, moqueur de ses camarades quand il répondait à une question. Peut-être était-ce le seul moment où on l’écoutait parler. L’adolescence est une étape charnière de la vie, chacun a son domaine de prédilection où il excelle et de celui-ci naît son identité, son moi futur. Pour certains c’est le sport, pour d’autres les filles, pour Dimitri c’était ce que tout le monde avait délaissé : l’organisation de la vie au lycée..

   Peu à peu, Dimitri ne fut pas rassasié par son statut de président des Lycéens, il s’engagea en politique, il choisit la Droite ; l’inverse eut été possible, seulement le siège du parti était plus près de chez lui. Au fond, pour lui, les idées, les valeurs, comptaient moins que l’action qui était son faire-valoir et puis chaque idée se défend. L’important n’est pas l’idée mais la façon dont on la présente, la lutte par la parole contre son adversaire. Dimitri se flattait de pouvoir du jour au lendemain défendre avec sa verve grandiloquente n’importe quel point de vue.

   Il prit au fil du temps de l’assurance, rencontra une famille, des gens qui l’aimaient, qui ne le jugeaient pas sur son apparence, son nez pointu, sa petite taille. Il parlait, on se taisait ; il sentait pour la première fois de sa vie qu’il attirait l’attention, que sa parole avait de l’importance, et puis… il y avait les applaudissements…Il n’en était jamais rassasié.

   Il gravit les échelons, il devint maire, « la personne la plus importante de la ville » se disait-il. Il éprouvait un plaisir proche de la jouissance à voir de belles jeunes femmes le saluer, lui sourire, lui obéir, le courtiser. Quand il passait dans sa voiture, il demandait souvent à son chauffeur de s’arrêter devant un bâtiment en construction où des hommes robustes, le torse nu, bétonnaient, parce qu’il en avait simplement donné l’ordre, une allée de la ville. Il se sentait aimé, respecté, il était maintenant quelqu’un, pourtant il n’était pas rassasié.

   Il ne pouvait se contenter de celui qu’il était devenu : il voyait plus loin, plus haut. Sa soif à peine étanchée, il se sentait de nouveau asséché ; une soif brutale s’emparait à nouveau de lui. Il réclamait une reconnaissance unanime, il devint député, puis ministre. Le soir, seul, dans la pénombre de sa chambre il essayait de se persuader du bien-fondé de son action, de la légitimité de ses combats, il se parlait à lui-même :

   - Tu n’agis pas pour toi, mais pour le bien de tous, de ton pays !

   Pourtant, lui qui arrivait si bien à convaincre les foules, n’arrivait pas à se convaincre lui-même. Il savait que ses émotions le guidaient, et qu’au fond la politique n’était pas une lutte d’idées, mais un combat entre les hommes qui les défendent. Un combat égoïste, où l’envie, la convoitise, la rancœur gouvernent la raison.

   Tout lui sembla peu à peu dérisoire, l’argent, les femmes étaient des biens insignifiants comparés au privilège d’exercer le pouvoir. Le pouvoir : être l’égal de Dieu, régner sur la vie qui bourdonne tout autour, tirer les ficelles qui agitent les marionnettes.

   

   Pourtant… il n’était pas rassasié.


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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 09:11

Sur l’onde grasse où coulent les remords,

Deux cadavres rôdaient

En hurlant à la mort

Des plaintes érodées.

 

Ils n’avaient plus visage humain,

Et, ces deux amas hérétiques

Tentaient en vain de se prendre la main

Avec des sursauts frénétiques.

 

Une fragrance de tristesse…

 

Sur la berge des résédas mélancoliques

Donnaient une tonalité lyrique

A cette fresque stupide et grotesque.

 

Point d’ombre, pas de promeneurs,

Sans doute, s’étaient-ils tous défilés.

 

Au loin, l’éternelle clameur

Des paysans piochant le sang des terres

Abrutissait les corps martyrisés.

 

Ces sombres désossés

N’ont laissé qu’une fausse empreinte

A ma mémoire moribonde,

Aussi, depuis, ai-je en horreur les choses saintes,

Les amoureux meurtris

Et les larmes d’alcool putrides

Qui coulent de leurs paupières immondes.

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 14:56

(Clic sur le texte pour l'agrandir)

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 15:35
D’après le livre "Putain d’usine" de Jean-Pierre Levaray
Photo d'Hélène Katz



D’où vient ce mot ? Il n’en saura jamais rien.

Mais ce qu’il sait, c’est qu’il y a le mot « usure » dedans.

 « Le pouvoir aux ouvriers…».

C’est une belle utopie qui fait trembler les patrons… S’ils savaient !

Au fond, ce qu’ils veulent, les ouvriers, c’est simplement ne plus travailler.

   L’aube... le brouillard épais... de loin on entend déjà le bruit des machines, régulier, abrutissant, qui s’égrène comme une musique infatigable.  Les hommes sont là, fidèles au poste, en bleu. Chacun connaît sa tâche : comment pourraient-ils ne pas la connaître ? Elle est la même depuis vingt ans !

   La chaîne avance, elle ne s’arrêtera jamais. A part, bien sûr, si quelqu’un se prend le doigt dans un des rails. Depuis vingt ans, ils sont nombreux à s’être estropiés. Un accident, enfin, pas toujours…

   La chaîne avance…Le contrôle... la soude du circuit électronique, le contrôle encore... l’ajustage du joint, c’est con, il n’y a pas à réfléchir.

   Alors, debout, lui et les autres pensent à leur vie qu’ils perdent, qu’ils gaspillent pour gagner leur croûte.

   L’usine c’est un lieu cruellement masculin.

Ici, même les femmes ressemblent aux hommes, elles parlent comme eux.

Un lieu asexué, les ouvriers en bleu, les contrôleurs en jaune.

   A midi, tout est bon pour boire un coup : un anniversaire, un départ à la retraite... et puis il n’y a pas besoin de raison, l’usine suffit.

 L’évasion…

Les premières gorgées d’alcool…la vie reprend le dessus, les rêves, les illusions.

Les machines se taisent, la parole est aux hommes.

   Ils parlent fort avec des gestes. Parfois on en vient aux mains. L’alcool…

   Et puis il y a la lutte qui résonne comme un cri dans la nuit.

La manifestation, l’impression de force, de tous ces corps serrés les uns contre les autres et qui entonnent d’une même voix des chants auxquels ils croient encore, mais plus vraiment… La lutte, histoire de prendre du bon temps, de s’accorder quelques jours de congé à l’usine.

   Ils installent des tables.

La télé a depuis longtemps remplacé les jeux de cartes, plus conviviaux…

Les hommes se remplissent la panse pour vider leur esprit.

   La lutte...

La chaîne avance,

La lutte…

Une éclipse dans une vie de travail qui toujours reprend le dessus.

   « L’usine »d’où vient ce mot ? il n’en sait rien.

   Dans un tiroir de son bureau, il regarde souvent ce petit bout de papier où il a écrit sa démission.

 

Un jour il s’en ira, ou peut-être que l’usine fermera ses portes avant ?



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